Encore une menace pour la planète

DES 2048, DES OCEANS VIDES DE POISSONS, DES RECIFS CORALIENS ENTIEREMENT DETRUITS.

Actuellement à l’échelle mondiale, 80% d’espèces de poissons font l’objet d’une surexploitation et pour certains comme le thon, le cabillaud, l’espadon et les requins, la situation est catastrophique.

La faute en incombe à plusieurs facteurs :

  • La surpêche, activité légale et autorisée par les organismes internationaux de gestion des pêches qui fait le bonheur de la pêche industrielle et de ses armateurs – 1% des navires de cette flotte industrielle totalise 50% des prises totales ! – conduisant à l’extinction progressive de certaines espèces puis à l’épuisement des ressources halieutiques. D’ailleurs, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avaient déjà lancé un appel en ce sens en disant que nous nous trouverions face à une grave crise alimentaire mondiale d’ici 2050 quand nous serons 9 milliards d’humains. Rappelons que si cette surpêche avait déjà sérieusement affecté les fonds marins des pays développés, c’est maintenant au tour de ceux des pays en développement, privant de ressources des centaines de millions de personnes. Pour ces personnes  les produits de la mer constituent la principale nourriture. La surpêche ruine également les économies locales notamment parmi les populations les plus pauvres (Mauritanie et Sénégal par exemple).
  • La pêche « pirate » consistant à pêcher sans aucune licence et/ou prélever des espèces protégées et/ou à s’aventurer dans des zones non autorisées et/ou à pratiquer hors des périodes légales – 1 poisson sur 4 est pêché de cette façon – CA : environ 10 milliards d’euros.
  • Des techniques de pêche destructives comme les filets dérivants, le chalutage de fond (énormes filets lestés de poids et équipés de roues métalliques) qui en plus de « ramasser tout » sans distinguo détruit les fonds marins et notamment les coraux centenaires, l’usage des poisons (tel le cyanure aux Philippines) et des explosifs…

Cette pêche intensive conduit à une destruction des écosystèmes marins si riches en biodiversité et démontre ainsi une fois de plus l’égoïsme de la société dans laquelle nous vivons et notre inconscience.

Des fonds marins dévastés sans plus aucune faune ni flore, est-ce ce que nous voulons léguer à nos enfants ?

NON !

Pour cela il suffit de mettre un terme à ces méthodes intensives de pêche en légiférant et redonnant sa place à une pêche artisanale soigneusement encadrée, de laquelle les « petits pêcheurs » puissent à nouveau tirer des revenus décents.

Aujourd’hui nous devons nous montrer responsables en refusant des pratiques barbares consistant à capturer massivement sans discernement pour ensuite rejeter à la mer des animaux morts ou blessés. Ceci car ils ne correspondent pas aux critères recherchés (selon une étude du WWF, 80% des carrelets pêchés en Mer du Nord sont ensuite passés par-dessus bord en raison de leur taille jugée trop petite). Il peut aussi s’agir de mammifères, d’oiseaux marins ou tortues pris « par erreur ».

Un véritable gâchis car encore et toujours selon le WWF, ces rejets concerneraient 40% du total des prises.

Abordons maintenant ce retour en force de la consommation de requins plus spécifiquement de ces ailerons en soupe considérés comme un mets de prestige. Et pourtant si fade qu’il s’avère nécessaire de lui adjoindre du porc et du poulet pour le rendre plus savoureux), notamment à Hong-Kong où le bol de soupe est vendu 20 euros !!!

Une pêche à l’aveugle à l’aide de lignes comportant nombre d’hameçons déroulées sur plusieurs kilomètres capturant tout sur leur passage et massacrant inutilement poissons, phoques, dauphins, etc…

De plus et là encore, il faut que l’aileron remplisse certains critères de taille sinon le requin, quelque soit son état, est rejeté à la mer. Mais il y a pire: très souvent les pêcheurs ne découpent que les ailerons et rejettent ensuite l’animal amputé mais vivant à la mer, le condamnant ainsi à une lente agonie pouvant durer jusqu’à 90 jours.

On peut se rendre compte de l’ampleur du désastre quand on se réfère au fait que pour la seule année 2003, Hong-Kong a importé 12 millions de tonnes d’ailerons représentant 75 millions de requins tués dont une grande partie en provenance de l’UE.

Un scandale quand on sait que les requins se reproduisent très lentement et sont tués avant même d’avoir eu le temps de se reproduire. Leur disparition, à l’instar de l’extinction d’autres espèces, engendrerait bien évidemment un profond déséquilibre de l’écosystème marin. Prenons l’exemple du Canada où la disparition de la morue et la décroissance rapide du nombre de « prédateurs » tel le thon, prise favorite des pêcheurs, a eu comme conséquence une augmentation du nombre des méduses, de certains poissons et oursins. Ceux-ci menacent à leur tour les algues laminaires déjà touchées par les polluants et le réchauffement climatique.

Enfin et ce message s’adresse à ceux qui pensent que le requin est bénéfique pour la santé : Eh bien non ! Il n’en est rien, il n’a que peu de valeur nutritive et peut même s’avérer nocif car il contient du mercure. Tout comme le thon, l’espadon où les cétacés. Mercure sous sa forme la plus toxique, le méthylmercure, dont nous n’avons pas besoin de rappeler les effets néfastes.

Pour conclure ce dossier consacré aux méfaits de la pêche industrielle, nous devons d’évoquer le cas de l’aquaculture souvent présentée comme une alternative acceptable mais qui, à ce jour, présente de nombreux inconvénients non négligeables.

En effet c’est loin d’être la solution permettant de remédier aux problèmes de la surpêche et ce pour de nombreuses raisons.

Tout d’abord ce confinement cruel de poissons dans des cages d’acier pendant de nombreux mois avec une densité telle que beaucoup meurent.

Puis vient le problème de la provenance des aliments utilisés pour nourrir les poissons. Il faut savoir que la plupart des espèces élevées sont des carnivores tels saumon, truite, turbot, bar, daurade, thon… Et que pour les nourrir on prépare des aliments à base de petits poissons complétés de produits végétaux riches en protéines (soja, légumineuses) et de vitamines (comme l’astaxanthine dans le cas du saumon destiné à lui donner une couleur rose). Or ces petits poissons ne sont pas eux-même élevés et bien évidemment il faut recourir à la pêche.

Les principales espèces utilisées à cette fin sont l’anchois, le maquereau, la sardines, le merlan dont les stocks sont déjà surexploités, ce qui nous conduit à un cercle vicieux en matière de surpêche.

Pour diminuer les coûts de production de ces élevages, la plupart des poissons utilisés à cet effet en Europe, proviennent d’Amérique du Sud et donc l’importation a tout à la fois un impact écologique et un coût énergétique important.

Cependant le problème majeur demeure celui de la productivité en termes de biomasse. Pour produire 1 kg de thon il faut 22 kg d’autres poissons, 4 kg pour 1 kg de saumon et 2 kg pour 1 kg de crevettes.

Ainsi et on le voit bien, l’aquaculture ne permettrait pas de lever la pression sur les stocks de poisson mais plutôt de déplacer le problème des grands poissons carnivores aux petits poissons.

Dans le cas du thon la situation est encore pire puisqu’il est impossible de les faire reproduire en captivité. On prélève donc de jeunes spécimens à forte valeur reproductive mais n’ayant pas eu le temps d’avoir de descendance et on les place dans des cages où bien évidemment ils ne se reproduisent plus. Alors que l’on pourrait prendre ceux qui se sont déjà reproduits et éviter ainsi de freiner le développement des populations.

Par ailleurs, il convient de remarquer que l’aquaculture telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui pose des problèmes écologiques majeurs.

Tout d’abord il faut trouver un lieu d’implantation à l’abri des grands courants et avec une eau de qualité, ce qui a parfois comme conséquence de faire entrer un élevage d’un certain type en concurrence avec les espèces locales. Citons à titre d’exemple certains élevages européens qui se trouvent placés sur les routes de migration des saumons sauvages.

L’aquaculture est aussi responsable de la pollution qu’elle engendre autour de ces élevages : afin d’augmenter la productivité, on utilise souvent des antibiotiques et antiparasites qui vont se diffuser dans le milieu, des aliments en excès conduisant à des restes de nutriments dans l’eau donc de l’azote. Conséquence : un développement important des algues, un risque d’eutrophisation et de réduction de la quantité d’oxygène dans l’eau.

Bien sûr et très souvent les espèces élevées sont celles demandées par le consommateur et ne correspondent donc pas aux espèces locales. Ceci induit le risque que des poissons échappés colonisent ces milieux et poussent les espèces locales à leur extinction, engendrant ainsi une diminution de la biodiversité et une désorganisation des écosystèmes.

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