En finir avec le gaspillage alimentaire : une priorité pour l’avenir

Lors de sa première étude sur les impacts écologiques du gaspillage alimentaire en 2011, la FAO avait évalué à 1.3 milliard de tonnes la nourriture jetée chaque année, soit près d’un tiers de la production mondiale alors que plus de 870 millions de personnes dans le monde souffrent de malnutrition ou famine.

Ce gaspillage engendrerait 3.3 gigatonnes de gaz à effet de serre, ce qui lui conférerait la troisième position au titre de pollueur du monde après les USA et la Chine (rappelons qu’un repas équivaut à 3 kg de gaz à effet de serre selon l’Ademe) la nourriture produite mais non consommée a nécessité l’utilisation de 250 km3 d’eau soit le débit annuel de la Volga en Russie ou 3 fois le volume du lac Léman.

Cette production gaspillée aurait monopolisé 1.4 milliard d’hectares de sols soit près de 30% des terres agricoles mondiales.

En France, les consommateurs jettent 5.2 millions de tonnes de nourriture (soit 79 kg par personne), la distribution 2.3 millions de tonnes et la restauration 1.6 millions de tonnes.

L’empreinte carbone de notre gaspillage alimentaire est de 25.7 millions de tonnes de CO2/an soit environ 3% des émissions de gaz à effet de serre, ce qui est considérable.

Pour l’empreinte eau, nous citerons simplement l’exemple révélateur suivant : en jetant une baguette de pain, c’est l’équivalent d’une baignoire d’eau que nous vidons. En effet chaque aliment nécessite un certain volume d’eau pour sa production, sa transformation, sa préparation, etc… ce qui représente 1 000 litres d’eau pour un kg de farine et 16 000 litres d’eau pour un kg de viande.

Ce gaspillage alimentaire a aussi un coût économique, estimé à 750 milliards de dollars par an (hors produits marins).

On constate que dans les pays en développement le gaspillage est principalement dû à une carence des infrastructures (stockage, transformation, chaîne du froid, transport…) et intervient sur la première partie de la chaîne alimentaire. Alors que dans les pays développés, ce sont les étapes distribution et consommation qui sont concernées, notamment à certaines périodes de l’année comme Noël, Nouvel An, le Ramadan, etc…

Face à ce gaspillage, nous pouvons agir  en:

  • supprimant les élevages industriels et en cessant l’importation de viande en provenance de l’étranger. Cette importation génère une offre bien supérieure à la demande et incite par des coûts moindres à des achats non nécessaires qui finiront à la poubelle. Ces  achats auront en amont engendré la souffrance et la mort de millions d’animaux. Est-il besoin de citer le récent traité du CETA qui prévoit l’entrée en Europe de 75 000 tonnes de porc et 65 000 tonnes de bœuf canadien? Ainsi qu’un quota indéterminé de viande de cheval; ces chevaux seraient élevés et abattus dans des conditions déplorables selon nos amis de Welfarm.
  • interdisant la surpêche et ses méthodes qui, outre l’introduction d’une offre supérieure à la demande et donc du gaspillage, provoque la destruction du milieu halieutique en capturant des espèces ensuite rejetées en mer car considérées comme «prises accessoires ».
  • assouplissant des critères de calibrage bien trop lourds aujourd’hui au niveau de la grande distribution.
  • développant la diffusion de nos produits agricoles au niveau des marchés, AMAP ou de la vente directe à la ferme.
  • privilégiant la vente au détail (ou en vrac) et en limitant les promotions de type 3 produits achetés pour le prix d’1 aux seuls produits longue conservation
  • recyclant les fruits ou légumes ne répondant plus aux critères, parce qu’un peu flétris, en jus ou en sauce.
  • Avec une meilleure maîtrise dans les magasins de la gestion des stocks et de la présentation des rayons.
  • Avec une meilleure information des consommateurs tant en matière de dates de péremption des aliments qu’en méthodes de conservation optimale.
  • Avec la promotion dans la restauration collective et commerciale des assiettes adaptées à l’appétit de chacun (grande ou petite taille).
  • instaurant des cours culinaires facultatifs dans le milieu scolaire afin que les jeunes redécouvrent le vrai goût des aliments, le plaisir de cuisiner et bien sûr des menus équilibrés et sains.
  • proposant des recettes simples sur fiche dans les rayons aliments frais des grandes surfaces.
  • obligeant en cas de surproduction ou d’invendus, de proposer ces denrées aux banques alimentaires.
  • valorisant les déchets alimentaires par le compostage ou la méthanisation.

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