La participation à l'entreprise

Commençons par quelques questions :

  • Pensez-vous quʼun projet qui est né dans les années soixante et qui, à ce jour, nʼa jamais véritablement été réalisé, nʼait aucune chance dʼaboutir aujourdʼhui ?
  • Savez-vous que ce projet – que nous allons présenter – a été porté à bout de bras par lʼun des hommes politiques les plus marquants du XXe siècle, à savoir Charles de Gaulle, président de la République Française de 1958 à 1969 ?
  • Avez-vous déjà entendu parler de lʼhomme vers lequel De Gaulle sʼest tourné pour nourrir et mettre en forme ce projet ? Connaissez-vous, autrement dit, Marcel LOICHOT ?

Si ce nʼest pas le cas, si vous ne savez pas – ou si vous ne savez plus -, alors lisez « La mutation ou lʼAurore du Pancapitalisme », paru aux éditions Tchou en 1970, lʼœuvre la plus achevée de Marcel LOICHOT, un ouvrage, dans le bon sens du mot, proprement révolutionnaire, vous y découvrez quelle « participation », la vraie, de Gaulle et Loichot voulaient. Vous y apprendrez comment la gauche et la droite de lʼépoque, liées lʼune comme lʼautre à leur conservatisme et à leurs intérêts, ont tout fait pour saboter ce fantastique projet et ont, malheureusement, réussi.

Loin de nous lʼidée de résumer ce livre, il est beaucoup trop riche pour cela.

Quʼil nous soit seulement permis pour vous inciter à le lire de vous en livrer quelques clés. Vous constaterez alors – en tout cas, nous le pensons – que le projet commun de DE GAULLE et LOICHOT est plus nécessaire que jamais; peut-être, comme nous et à nos côtés, aurez-vous lʼenvie de le reprendre à votre compte.

Certes 2015 nʼest pas 1970 et des adaptations seront à apporter à certains aspects de ce programme. Il nʼen demeure pas moins que son principe, sa structure et la substance des propositions sont plus actuels que jamais et devraient servir de base de travail à tous ceux qui voudront sʼy intéresser. Aux adhérents du MHAN, bien sûr, mais aussi à toutes les personnes de bonne volonté qui, au moins un jour dans leur vie, se sont demandé :Peut-on réellement, sans langue de bois, être à la fois juste sur le plan social et efficace sur le plan économique ?

A vous de vous faire votre idée. Notre présentation vous y aidera peut-être, le livre de Marcel LOICHOT sûrement.

Lʼenjeu, à vrai dire, est simple : cʼest de permettre à tous les salariés dʼêtre associés, au sein de leur entreprise, au bénéfice, au capital et aux responsabilités. Rien de moins !

Que se passe-t-il actuellement dans une entreprise ? Les salariés, chaque mois, touchent un salaire ; lʼEtat, en fin dʼannée, perçoit lʼimpôt sur les sociétés, et les actionnaires reçoivent des dividendes. Jusque-là, rien à observer. Mais sʼil reste encore de lʼargent – ce qui est assez fréquent – sur le bénéfice réalisé, à qui ce surplus sera-t-il attribué ? Aux actionnaires, comme chacun sait.

Et là, nous dit LOICHOT – et DE GAULLE avec lui -, il y a une anomalie. Car ce surplus, en réalité, résulte de deux apports : de lʼargent des actionnaires, certes, mais aussi du travail des salariés. Le projet demande donc, en toute logique, que cette richesse ajoutée (en général réinvestie pour développer la société) soit affectée aux deux parties : une moitié pour les actionnaires, et une autre pour les travailleurs, au prorata, pour les premiers, du poids de leur portefeuille, et pour les seconds, en proportion de leur salaire. Ainsi naîtront – si nous simplifions – des actionnaires nouveaux, appelons-les « travailleurs actionnaires », et ces derniers, comme les anciens, auront le droit de participer à la gestion de leur société. Par ailleurs, les premiers ne seront pas lésés, car les nouveaux apporteront leurs compétences, et comme lʼentreprise progressera plus vite, même sur le plan financier, les anciens actionnaires auront tout à gagner.

Comment donc ne pas voir dans cette fin programmée de ce qui est encore la lutte des classes, la perspective dʼun monde neuf ?

Ajoutons au passage que La Mutation, cette aurore annoncée du pancapitalisme (ou capitalisme pour tous !) nʼenvisage en rien de se limiter aux seules sociétés par actions. Toutes les entreprises seront concernées, et lʼouvrage ne manque pas de nous préciser quelles adaptations seront à apporter selon le type de chacune.


Lʼidée – nous lʼavons dit – est révolutionnaire, dans le meilleur sens du mot. Pourquoi ?


Parce quʼelle est la seule issue au premier de tous les conflits : lʼaffrontement du capital et du travail. Il oppose des hommes, il sépare des pays, il crée des injustices et de la haine. Il ne pourra que perdurer, puis sʼamplifier, puis dégénérer, et tout le monde alors en pâtira, les riches dʼaujourdʼhui en premier. Le capitalisme doit se réformer, il doit permettre aux salariés dʼaccéder au capital quʼils créent et donc, par voie de conséquence, à lʼexercice des responsabilités. Avec, pour résultat, la paix sociale, lʼabsence de grèves et – pour cette raison même -, une meilleure rentabilité. Et cela, comme lʼécrit LOICHOT, en conservant entièrement la propriété privée et transmissible par héritage, la liberté dʼentreprendre et lʼéconomie de marché. Il suffit de partager ce que, chaque année, lʼentreprise investit en elle-même, grâce au bénéfice de lʼannée dʼavant. Avec tous les avantages signalés.

Cʼest la clé du système LOICHOT, et cʼest ce que DE GAULLE voulait :Le partage de lʼautofinancement, de ce « plus » réinjecté dans lʼentreprise pour financer de nouveaux moyens de production et de nouveaux emplois.Simple, simplissime ! Un rêve peut-être aujourdʼhui, à lʼépoque que nous vivons. Mais ce nʼest pas une utopie. Si quelquʼun avait dit, au temps de Louis XIV « un beau jour, vous verrez, il nʼy aura plus de roi », personne, au grand jamais, ne lʼaurait cru. Cela nʼa pas empêché la démocratie. Elle est venue. Sous forme politique. Il manque encore lʼéconomique. Elle viendra celle-là aussi. Parce quʼelle est simplement logique, juste et conçue pour profiter à tous.

Essayons de rêver encore un moment, mais toujours de cette bonne manière. Imaginons, comme LOICHOT lʼa fait, lʼapplication de ce projet dans le Tiers-Monde.Lʼaliénation là-bas aussi disparaîtrait. Les usines étrangères qui sʼy installeraient, implantant le nouveau système, apparaîtraient ipso facto comme exemplaires.

Exemplaires dans le pays dʼaccueil : Par le jeu du partage de lʼautofinancement, les hommes y travaillant se trouveraient comblés : ils seraient, pancapitalistes, solidaires de leur entreprise, conscients de sʼenrichir quand elle sʼenrichirait, sûrs de continuer à travailler chez eux, sans le moindre besoin dʼémigrer.

Mais exemplaires aussi aux yeux des fondateurs : salariés motivés et donc mieux formés – eux-mêmes demandant à lʼêtre ! -, meilleure productivité, sécurité pour les investissements, le tout dans un climat rasséréné ; puisquʼil nʼy aurait plus que des pancapitalistes, étrangers et autochtones confondus, plus personne ne saurait accuser les premiers de penchants néocolonialistes.

En résumé, des deux côtés, chacun se porterait mieux. Le fossé qui sépare le monde en deux, pays riches ici, pays pauvres là-bas, petit à petit se comblerait, et comme leurs peuples désormais, égaux en dignité, ressources et talents, iraient en se rassemblant, nul doute quʼils finiraient par sʼapprécier.

Même schéma pour les peuples que pour les gens : quand on nʼa plus de raisons de se mésestimer, quand le mépris perd son assise, on acquiert une chance de sʼaimer. Pas facile, il est vrai, à imaginer en ce temps où lʼon mondialise, où lʼon choisit des hommes comme des pions utiles, où les capitaux tendent à se concentrer. Est-ce une raison pour se décourager ? Non.

Si vous nous rejoignez, si nous sommes nombreux à porter ce projet et si, parmi vous, des personnes concernées à des titres divers, journalistes, hommes politiques ou économistes, nous rejoignent aussi, alors une chance nous sera offerte.
Peut-être doutez-vous encore ?

Alors lisez « La Mutation » ou « lʼAurore du Pancapitalisme » de Marcel LOICHOT, paru aux Editions Tchou (on peut lʼacheter par internet). Nous pourrons nous retrouver pour en parler.

A suivre ...