Dossiers de presse

A propos de la participation

Commençons par quelques questions :

  • Pensez-vous quʼun projet qui est né dans les années soixante et qui, à ce jour, nʼa jamais véritablement été réalisé, nʼait aucune chance dʼaboutir aujourdʼhui ?
  • Savez-vous que ce projet – que nous allons présenter – a été porté à bout de bras par lʼun des hommes politiques les plus marquants du XXe siècle, à savoir Charles de Gaulle, président de la République Française de 1958 à 1969 ?
  • Avez-vous déjà entendu parler de lʼhomme vers lequel De Gaulle sʼest tourné pour nourrir et mettre en forme ce projet ? Connaissez-vous, autrement dit, Marcel LOICHOT ?

Si ce nʼest pas le cas, si vous ne savez pas – ou si vous ne savez plus -, alors lisez « La mutation ou lʼAurore du Pancapitalisme », paru aux éditions Tchou en 1970, lʼœuvre la plus achevée de Marcel LOICHOT, un ouvrage, dans le bon sens du mot, proprement révolutionnaire, vous y découvrez quelle « participation », la vraie, de Gaulle et Loichot voulaient. Vous y apprendrez comment la gauche et la droite de lʼépoque, liées lʼune comme lʼautre à leur conservatisme et à leurs intérêts, ont tout fait pour saboter ce fantastique projet et ont, malheureusement, réussi.

Loin de nous lʼidée de résumer ce livre, il est beaucoup trop riche pour cela.

Quʼil nous soit seulement permis pour vous inciter à le lire de vous en livrer quelques clés. Vous constaterez alors – en tout cas, nous le pensons – que le projet commun de DE GAULLE et LOICHOT est plus nécessaire que jamais; peut-être, comme nous et à nos côtés, aurez-vous lʼenvie de le reprendre à votre compte.

Certes 2015 nʼest pas 1970 et des adaptations seront à apporter à certains aspects de ce programme. Il nʼen demeure pas moins que son principe, sa structure et la substance des propositions sont plus actuels que jamais et devraient servir de base de travail à tous ceux qui voudront sʼy intéresser. Aux adhérents du MHAN, bien sûr, mais aussi à toutes les personnes de bonne volonté qui, au moins un jour dans leur vie, se sont demandé :Peut-on réellement, sans langue de bois, être à la fois juste sur le plan social et efficace sur le plan économique ?

A vous de vous faire votre idée. Notre présentation vous y aidera peut-être, le livre de Marcel LOICHOT sûrement.

Lʼenjeu, à vrai dire, est simple : cʼest de permettre à tous les salariés dʼêtre associés, au sein de leur entreprise, au bénéfice, au capital et aux responsabilités. Rien de moins !

Que se passe-t-il actuellement dans une entreprise ? Les salariés, chaque mois, touchent un salaire ; lʼEtat, en fin dʼannée, perçoit lʼimpôt sur les sociétés, et les actionnaires reçoivent des dividendes. Jusque-là, rien à observer. Mais sʼil reste encore de lʼargent – ce qui est assez fréquent – sur le bénéfice réalisé, à qui ce surplus sera-t-il attribué ? Aux actionnaires, comme chacun sait.

Et là, nous dit LOICHOT – et DE GAULLE avec lui -, il y a une anomalie. Car ce surplus, en réalité, résulte de deux apports : de lʼargent des actionnaires, certes, mais aussi du travail des salariés. Le projet demande donc, en toute logique, que cette richesse ajoutée (en général réinvestie pour développer la société) soit affectée aux deux parties : une moitié pour les actionnaires, et une autre pour les travailleurs, au prorata, pour les premiers, du poids de leur portefeuille, et pour les seconds, en proportion de leur salaire. Ainsi naîtront – si nous simplifions – des actionnaires nouveaux, appelons-les « travailleurs actionnaires », et ces derniers, comme les anciens, auront le droit de participer à la gestion de leur société. Par ailleurs, les premiers ne seront pas lésés, car les nouveaux apporteront leurs compétences, et comme lʼentreprise progressera plus vite, même sur le plan financier, les anciens actionnaires auront tout à gagner.

Comment donc ne pas voir dans cette fin programmée de ce qui est encore la lutte des classes, la perspective dʼun monde neuf ?

Ajoutons au passage que La Mutation, cette aurore annoncée du pancapitalisme (ou capitalisme pour tous !) nʼenvisage en rien de se limiter aux seules sociétés par actions. Toutes les entreprises seront concernées, et lʼouvrage ne manque pas de nous préciser quelles adaptations seront à apporter selon le type de chacune.


Lʼidée – nous lʼavons dit – est révolutionnaire, dans le meilleur sens du mot. Pourquoi ?


Parce quʼelle est la seule issue au premier de tous les conflits : lʼaffrontement du capital et du travail. Il oppose des hommes, il sépare des pays, il crée des injustices et de la haine. Il ne pourra que perdurer, puis sʼamplifier, puis dégénérer, et tout le monde alors en pâtira, les riches dʼaujourdʼhui en premier. Le capitalisme doit se réformer, il doit permettre aux salariés dʼaccéder au capital quʼils créent et donc, par voie de conséquence, à lʼexercice des responsabilités. Avec, pour résultat, la paix sociale, lʼabsence de grèves et – pour cette raison même -, une meilleure rentabilité. Et cela, comme lʼécrit LOICHOT, en conservant entièrement la propriété privée et transmissible par héritage, la liberté dʼentreprendre et lʼéconomie de marché. Il suffit de partager ce que, chaque année, lʼentreprise investit en elle-même, grâce au bénéfice de lʼannée dʼavant. Avec tous les avantages signalés.

Cʼest la clé du système LOICHOT, et cʼest ce que DE GAULLE voulait :Le partage de lʼautofinancement, de ce « plus » réinjecté dans lʼentreprise pour financer de nouveaux moyens de production et de nouveaux emplois.Simple, simplissime ! Un rêve peut-être aujourdʼhui, à lʼépoque que nous vivons. Mais ce nʼest pas une utopie. Si quelquʼun avait dit, au temps de Louis XIV « un beau jour, vous verrez, il nʼy aura plus de roi », personne, au grand jamais, ne lʼaurait cru. Cela nʼa pas empêché la démocratie. Elle est venue. Sous forme politique. Il manque encore lʼéconomique. Elle viendra celle-là aussi. Parce quʼelle est simplement logique, juste et conçue pour profiter à tous.

Essayons de rêver encore un moment, mais toujours de cette bonne manière. Imaginons, comme LOICHOT lʼa fait, lʼapplication de ce projet dans le Tiers-Monde.Lʼaliénation là-bas aussi disparaîtrait. Les usines étrangères qui sʼy installeraient, implantant le nouveau système, apparaîtraient ipso facto comme exemplaires.

Exemplaires dans le pays dʼaccueil : Par le jeu du partage de lʼautofinancement, les hommes y travaillant se trouveraient comblés : ils seraient, pancapitalistes, solidaires de leur entreprise, conscients de sʼenrichir quand elle sʼenrichirait, sûrs de continuer à travailler chez eux, sans le moindre besoin dʼémigrer.

Mais exemplaires aussi aux yeux des fondateurs : salariés motivés et donc mieux formés – eux-mêmes demandant à lʼêtre ! -, meilleure productivité, sécurité pour les investissements, le tout dans un climat rasséréné ; puisquʼil nʼy aurait plus que des pancapitalistes, étrangers et autochtones confondus, plus personne ne saurait accuser les premiers de penchants néocolonialistes.

En résumé, des deux côtés, chacun se porterait mieux. Le fossé qui sépare le monde en deux, pays riches ici, pays pauvres là-bas, petit à petit se comblerait, et comme leurs peuples désormais, égaux en dignité, ressources et talents, iraient en se rassemblant, nul doute quʼils finiraient par sʼapprécier.

Même schéma pour les peuples que pour les gens : quand on nʼa plus de raisons de se mésestimer, quand le mépris perd son assise, on acquiert une chance de sʼaimer. Pas facile, il est vrai, à imaginer en ce temps où lʼon mondialise, où lʼon choisit des hommes comme des pions utiles, où les capitaux tendent à se concentrer. Est-ce une raison pour se décourager ? Non.

Si vous nous rejoignez, si nous sommes nombreux à porter ce projet et si, parmi vous, des personnes concernées à des titres divers, journalistes, hommes politiques ou économistes, nous rejoignent aussi, alors une chance nous sera offerte.
Peut-être doutez-vous encore ?

Alors lisez « La Mutation » ou « lʼAurore du Pancapitalisme » de Marcel LOICHOT, paru aux Editions Tchou (on peut lʼacheter par internet). Nous pourrons nous retrouver pour en parler.

A suivre ...

Manifeste pour la Participation au Capital

Les Français tiennent par-dessus tout à leur liberté. Ils ne veulent pas dʼune société dans laquelle le goût de posséder et transmettre par héritage serait étouffé par la soumission à lʼadministration et la peur du contrôle. Ils ne veulent pas dʼun système dont les pièces maîtresses seraient la bureaucratie, la pression et la répression. Cʼest dire quʼen leur for intérieur, ils veulent que jamais ne sʼimplante en France une société collectiviste du type de celles qui ont opprimé tant de nations de lʼEurope de lʼEst.

Hélas, si lʼon nʼy réfléchit bien, le seul type de société que lʼon puisse opposer actuellement au collectivisme totalitaire continue à nʼêtre que le capitalisme traditionnel. Or, celui-ci, parce quʼil nʼa pas su transformer radicalement ses structures, maintient parmi les travailleurs un sentiment dʼinjustice qui alimente la lutte des classes. Dʼailleurs, le Général DE GAULLE ne dénonçait-il pas dès 1950 :

“Liés aux machines quant à leur travail, au patron quant à leur salaire, les travailleurs se sentent moralement réduits et matériellement menacés. Et voilà la lutte des classes. Elle est partout, aux ateliers, aux champs, aux bureaux, dans la rue, au fond des yeux et des âmes. Elle empoisonne les rapports humains, affole les Etats, brise lʼunité des Nations, fomente les guerres. Car cʼest bien la question sociale toujours posée, jamais résolue, qui est à lʼorigine des grandes secousses subies depuis trente-cinq ans. Aujourdʼhui, cʼest la même question toujours posée, jamais résolue qui pousse le monde vers un drame nouveau.”

Il faut donc aller jusquʼau fond du problème. Comme lʼa dit Jacques CHIRAC :
“La plus funeste illusion serait de croire quʼil est possible à la fin du XXème siècle de défendre la liberté contre le totalitarisme bureaucratique sans modifier profondément les conditions qui ont provoqué la naissance de ce totalitarisme.”

Cette modification nʼa jamais été effectuée ni par Jacques CHIRAC, ni par ses successeurs, mais cette mise en garde nous montre au moins la voie à suivre : avant tout, comprendre ces conditions qui, directement engendrées par le capitalisme classique, ont répandu et répandent dans trop de pays, y compris le nôtre, le goût violent dʼy mettre fin, quitte à tomber dans une oppression encore plus intolérable.

Et pour comprendre, il ne faut pas céder au sectarisme. Prenons un exemple : il suffit dʼouvrir les yeux pour se rendre compte à quelles aberrations la théorie marxiste a pu conduire dans les pays où elle a été appliquée. Pourtant Karl MARX, avec dʼautres dʼailleurs, comme PROUDHON, a eu au moins le mérite de poser le problème. Ne dit-il pas :

“Dʼoù vient ce singulier phénomène qui fait quʼon trouve sur le marché un groupe dʼacheteurs en possession du sol, des machines, des matières premières et des moyens de subsistance, toutes choses qui, sauf la terre dans son état primitif, sont des produits du travail et de lʼautre côté, un groupe de vendeurs nʼayant rien à vendre que leur force de travail, leurs bras et leurs cerveaux agissants ? Que lʼun de ces groupes achète continuellement pour réaliser du profit et sʼenrichir, pendant que lʼautre se vend continuellement pour gagner sa vie ?”

Reconnaître que la question est juste, ce nʼest pas pour autant être communiste. De même nʼest-il pas besoin dʼêtre chrétien pour approuver le Pape LEON XIII qui dénonçait dès 1891 :
“Le monopole du travail et des échanges commerciaux, devenu le partage dʼun petit nombre de riches et dʼopulents qui imposent ainsi un joug presque servile à lʼinfinie multitude des prolétaires.”

A lʼexception de quelques exemples rares mais encourageants, les possesseurs de capital ont toujours refusé de répondre à cette question parce quʼelle met fondamentalement en cause leur privilège de détenir seuls les instruments de production. Alors quʼil importait de fournir une bonne réponse au problème social, ils se sont obstinément enfermés dans le silence, par suite dʼun calcul à courte vue qui a contribué à leur perte dans bien des pays qui se sont alors communisés.

Mais, qui donc alors a tenté de répondre ?

Les collectivistes, hélas ! “Hélas”, car leur solution qui consiste à étatiser lʼensemble des moyens de productions, est la pire de toutes pour lʼémancipation des travailleurs. En effet, on ne libère pas les salariés de lʼinjustice économique et sociale en les rendant complètement esclaves des bureaucrates du totalitarisme : lʼouvrier soviétique, par exemple, est longtemps demeuré la victime de lʼaccaparement des instruments de travail par une minorité. Même si son usine appartenait à Gorbatchev et non à Rockefeller, il restait un salarié et continuait de nʼavoir aucune parcelle de propriété ; il devait donc, lui aussi, “travailler chez les autres”.

Quelle est alors la bonne réponse pour ceux qui cherchent une troisième voie également écartée du capitalisme traditionnel et du communisme ?

Celle que le Général DE GAULLE a proposée et qui, si longtemps après nʼa rien perdu de sa nécessité, cʼest :

“LA PARTICIPATION DIRECTE DES TRAVAILLEURS AUX RESULTATS, AU CAPITAL ET AUX RESPONSABILITES DE NOS ENTREPRISES FRANCAISES.”


Par “capital”, il faut naturellement entendre CAPITAL NOUVEAU, crée en commun par les actionnaires et les travailleurs.

CETTE PARTICIPATION quʼil a commencé dʼinstaurer par ses ordonnances de 1967 qui, “grâce à lʼintéressement du personnel aux bénéfices dʼun grand nombre dʼindustries, marquaient une importante étape vers un ordre social nouveau...”

CETTE PARTICIPATION quʼil voulait conduire à son terme et que ses adversaires de droite comme de gauche ont empêchée dʼaboutir :

LʼACCES DE TOUS AU CAPITAL DES ENTREPRISES, comme le prouve sa directive aux Ministres du 31 Juillet 1968 où il leur enjoint dʼappliquer enfin LʼAMENDEMENT VALLON SUR LʼINTERESSEMENT A LʼACCROISSEMENT DES VALEURS DʼACTIF DU A LʼAUTOFINANCEMENT.

Maintenant que le Général DE GAULLE a disparu, comment reprendre son “grand dessein”, celui de réconcilier tous les Français en résolvant enfin la question sociale ? Eh bien ! en employant le mécanisme même quʼil souhaitait pour FAIRE ACCEDER CHAQUE SALARIE A LA PROPRIETE DE SON ENTREPRISE dans la mesure où celle-ci se développe, sans spolier les épargnants et en ne dépossédant bien entendu personne de la propriété existante.

Or il est incontestable que, même en période de crise, la production sʼaccroît, comme le démontre le développement du tissu industriel des pays occidentaux. Or, si la production augmente, cʼest bien entendu parce que les instruments de production, et par là même le capital des entreprises, augmentent.

Dans ces conditions, IL SUFFIT DE PARTAGER CET ACCROISSEMENT DU CAPITAL ou “FRUITS DE LʼEXPANSION” entre les apporteurs dʼargent ET les apporteurs de travail.

On diffusera ainsi progressivement la propriété des nouveaux instruments de production entre toutes les catégories sociales.

On supprimera du même coup la funeste coupure de la Nation en deux classes, celle des possédants et celle des prolétaires – et cela par lʼenrichissement de la seconde – et non par la liquidation physique ou financière de la première.

COMMENT, DANS LA PRATIQUE, OBTENIR UN TEL PARTAGE ?

  • En rémunérant le capital des entreprises par un intérêt raisonnable et dʼailleurs fixé par la Loi : de même que les travailleurs perçoivent un salaire en raison de leur apport de travail, il est équitable que les épargnants soient eux aussi rémunérés en raison de leur apport en argent.
  • En conservant le bénéfice restant sous la forme dʼune EPARGNE DE LʼENTREPRISE OU AUTOFINANCEMENT ; cette épargne réinvestie pour financer le développement, créer de nouveaux emplois et lutter contre le chômage, sʼajoute bien entendu au capital antérieur et procure ainsi des actions complémentaires.
  • EN PARTAGEANT ANNUELLEMENT CES ACTIONS COMPLEMENTAIRES pour moitié entre les actionnaires du début de lʼexercice, proportionnellement à leur part de capital, et pour lʼautre moitié entre les travailleurs, proportionnellement aux salaires perçus.

Les avantages de ce projet sont évidents :

Election du Conseil dʼAdministration par lʼENSEMBLE des forces de lʼEntreprise, capitalistes anciens et capitalistes nouvellement créés.

Maintien et renforcement dans lʼEntreprise de la nécessaire unité de commandement et de la nécessaire autorité des chefs.

Freinage de lʼinflation et de la hausse des prix puisque, doublement intéressés aux bénéfices réalisés en raison des actions antérieurement obtenues dʼune part, et de celles quʼils obtiendront au titre de lʼannée en cours dʼautre part, les travailleurs nʼont plus intérêt à revendiquer excessivement.

Augmentation considérable de la production, non seulement par lʼardeur accrue de travailleurs actionnaires participant aux bénéfices, mais encore par lʼaugmentation de lʼautofinancement, donc de lʼéquipement productif dans lʼentreprise.

Quel patron responsable, quel syndicaliste sans sectarisme pourrait sʼopposer à un projet de ce genre ? Et comment ne pas voir que la politique contractuelle prendra une toute nouvelle dimension dès lors que le contrat de participation deviendra la clef de voûte de lʼentreprise ?


Veiller au respect de ce contrat, instruire les travailleurs des problèmes de lʼéconomie, les informer sur la marche de lʼentreprise, participer au Conseil dʼAdministration, au Conseil dʼEntreprise, gérer les fonds de participation, telle sera dès lors la mission des représentants des travailleurs, librement élus en fonction de leur seule compétence et quelle que soit leur appartenance syndicale.

Dans une telle réforme, il est clair que sont conservées LA LIBERTE DʼENTREPRENDRE ET LʼECONOMIE DE MARCHE, gages de lʼefficacité des entreprises, et quʼest maintenu LE DROIT DE POSSEDER ET DE TRANSMETTRE PAR HERITAGE, gage de la liberté des citoyens.

Bien sûr, des modalités particulières seront à appliquer dans les petites entreprises comptant moins de dix salariés, car lʼaliénation nʼy est pas ressentie au même degré et il nʼest pas exclu que les fonctionnaires puissent faire lʼobjet de dispositions spéciales qui, elles aussi, doivent être étudiées.

Les énergies renouvelables

UNE NECESSITE POUR LA PRESERVATION DE NOTRE PLANETE !


Tout le monde a gardé en mémoire la catastrophe de Tchernobyl et ses désastreuses conséquences sanitaires, mais a-t-on bien conscience du fait que cela pourrait se reproduire, nos centrales étant vieillissantes, sans parler du transport des matières radioactives présentant lui aussi un réel danger ?

Aujourdʼhui, il est évident que notre société, trop souvent enfermée dans son égoïsme, ne se préoccupe pas vraiment de lʼétat dans lequel elle laissera la planète aux générations futures et cʼest pourquoi lʼon continue de promouvoir le nucléaire tout en connaissant sa dangerosité et en sachant quʼaucune solution valable nʼa été trouvée pour ses déchets à très longue durée de vie (plusieurs millions dʼannées pour certains éléments), lʼenfouissement nʼapportant quʼun bref sursis au problème.

Parallèlement, il convient de remarquer que lʼénergie générée à partir des gisements de combustibles fossiles traditionnels tels le pétrole, le charbon ou encore le gaz se révèle aussi une source dʼinquiétude pour lʼavenir. En effet, les importantes quantités de gaz dégagées dans lʼatmosphère contribuent à accentuer dangereusement le phénomène « effet de serre », perturbant le système climatique et provoquant le réchauffement de la planète qui ne parvient plus à absorber le surplus (océans, sols) ou à le recycler (photosynthèse). De plus, ces sources ne sont pas inépuisables, et notre consommation dʼénergie ne cessant de croître, elles sont de plus en plus coûteuses car difficiles à exploiter. A travers ces constats alarmants, il est urgent de nous orienter vers les énergies renouvelables et dʼinvestir dans leur développement, à lʼinstar par exemple de ce qui est fait en Allemagne.

Lʼénergie solaire : Elle représente notre plus grand potentiel et peut être convertie soit en chaleur (solaire thermique), soit en électricité (photovoltaïque). Elle peut être installée partout en ville, bien sûr, ou sur des sites isolés et fournit une énergie gratuite. Elle est dʼailleurs très utilisée en Europe du Nord où pourtant lʼensoleillement est faible. Cependant, le coût dʼinvestissement est élevé, le rendement diminue avec lʼusure (moins 20% au bout de 20 ans) et ses panneaux contiennent des produits toxiques dont le recyclage pose problème aujourdʼhui.

Lʼénergie éolienne : Elle est obtenue par le vent poussant une hélice montée sur un arbre et reliée à un système mécanique permettant de produire lʼélectricité. Son rendement dépend de la puissance et de la régularité du vent, dʼoù lʼimportance de bien choisir le site mais, les excès actuels ont conduit à une implantation sauvage de vastes champs inesthétiques et sans étude préalable de rendement. En outre, ces installations donnent lieu à des nuisances sonores et présentent un danger pour les oiseaux notamment dans le cadre de lʼexistence de couloirs migratoires.

La filière bois : Rappelons que le bois a été le premier combustible utilisé par lʼhomme et que, sur le plan écologique, la combustion dʼun arbre ne fait que restituer la masse de CO2 quʼil a absorbée durant sa croissance. Sur le plan économique, cette filière permettrait dʼéviter lʼimportation de quelques 9 millions de tonnes de pétrole par an et serait génératrice dʼemplois en zone rurale. Cette utilisation du bois-énergie doit bien évidemment sʼaccompagner dʼune gestion forestière rigoureuse afin de ne pas entraîner un déboisement sauvage et elle devrait être réservée en priorité à nos régions rurales.

Le biogaz ou principe de fermentation des déchets : Cette fermentation se déroule dans des cuves ne laissant passer ni air, ni oxygène et conduit à la dégradation des matières organiques mortes puis à leur transformation en éléments gazeux et minéraux. Ces déchets proviennent notamment des déjections animales, ordures ménagères, boues dʼépurations locales, rejets des industries agroalimentaires et ainsi la transformation de 110 000 tonnes par an de matières organiques pourrait fournir 2 500 habitants en électricité et chaleur. La méthanisation est par ailleurs tout à fait indiquée pour la fourniture en énergie du milieu agricole (serres, étables...) le rendant autonome.

La géothermie : Cʼest la chaleur produite par les entrailles de la Terre et stockée dans certaines parties du sous-sol (nappes phréatiques). Cette eau est captée au moyen de forages véhiculant la chaleur emmagasinée vers la surface. Les caractéristiques du fluide géothermique extrait (température, composition) dépendent de la formation géologique. Cʼest pourquoi il existe plusieurs types de géothermie résultant des différents modes de valorisation. La géothermie présente lʼavantage de ne pas dépendre des conditions atmosphériques, elle est donc très fiable mais elle ne peut être considérée comme entièrement inépuisable car le puits verra un jour son réservoir calorifique sʼamenuiser. Pour lʼinstant malheureusement, le coût des installations demeure élevé et elle ne peut donc être que complémentaire à une autre installation.


Lʼexistence de ces énergies renouvelables ne doit cependant pas nous faire oublier quʼil est important de diminuer notre consommation dʼénergie notamment en évitant de laisser les appareils électriques en veille mais aussi en améliorant lʼisolation du logement et en étudiant la solution énergétique appropriée tant à la fois aux besoins quʼà la région et pour les constructions nouvelles, en misant sur lʼarchitecture bioclimatique qui permet de réduire les besoins énergétiques tout en créant un climat de bien-être avec des températures douces, une humidité contrôlée et un éclairage naturel répondant pleinement aux besoins.

Cette architecture sʼappuie sur quelques principes de base :

  • Lʼimplantation et lʼorientation qui offriront la meilleure protection contre le vent et permettront dʼutiliser au mieux lʼensoleillement.
  • Lʼemploi de matériaux adéquats et une conception du bâtiment adaptée aux besoins saisonniers couplée à une bonne isolation permettant de diminuer les déperditions thermiques.
  • Lʼutilisation de la végétation. Ainsi quelques plantes bien réparties dans lʼhabitation permettent de réguler le taux dʼhumidité intérieur. Des haies extérieures situées au Nord du logement offrent une protection au vent, et des arbres à feuilles caduques au Sud limitent la pénétration du soleil en été.

Mais aujourdʼhui, une fois de plus, on nous parle de « solutions miracles » tel le réacteur nucléaire au thorium ou le gaz de schiste mais quʼen est-il réellement ?

  • Tout dʼabord le thorium qui présente des inconvénients majeurs puisque son inhalation se révèle beaucoup plus toxique que lʼuranium classique et qui, bien que compatible avec nos réacteurs actuels, produirait des déchets qui, par la présence dʼuranium 232, rendrait ce combustible plus dangereux et impossible à traiter sur des sites traditionnels comme celui de La Hague. De nouveaux réacteurs permettant la transmutation des déchets, comme ceux à sels fondus sont à lʼétude, mais nous nʼen connaissons pas encore la résistance à la corrosion ; alors nʼallons nous pas vers une nouvelle catastrophe écologique au nom de certains enjeux financiers et géopolitiques ?
  • Le gaz de schiste, présent dans les roches argileuses souterraines, est considéré comme une « aubaine » par les Etats-Unis notamment, mais son exploitation et son extraction doivent susciter notre inquiétude pour lʼavenir. En effet, les fuites de méthane émanant de lʼétanchéité imparfaite des gazoducs et de la remontée non contrôlable de gaz lors de lʼopération de pompage sont nombreuses. Dʼautre part, le recours à des addiftifs chimiques pour la fracturation hydraulique présente également, comme on peut sʼen douter, une menace pour lʼenvironnement tant pour la pollution des sols que pour les nappes phréatiques. Enfin il faut noter quʼà terme ou dans des zones arides une exploitation irrationnelle du gaz de schiste engendrerait des problèmes conséquents de ressources en eau puisquʼun seul puits en consomme plus de 10000 m3 pour une seule opération. Dʼautres méthodes dʼextraction sont évoquées mais à quel coût, et tout cela pour une réserve dʼénergie estimée en France à 80 ans. Et après...

ALORS TOUS ENSEMBLE SOYONS RESPONSABLES ET PENSONS A LʼAVENIR DE NOTRE PLANÈTE