Villeneuve-la-Garenne : l'aveu d'une impuissance irréversible ?

Publié le 21/04/2020

 

Les émeutes de dimanche soir, suite à l'accusation d'un agent de police dans ce qui est clairement présenté comme une bavure policière, ne constituent, hélas, pas une nouveauté. Plus incroyable encore ; l'état de confinement généralisé n'a pas empêché l'événement de se produire à une telle ampleur. Couplés à la crainte, évoquée par Stanislas Guérini, de violents affrontements entre la France des résidences secondaires et celle des appartements en banlieues, cette accumulation de faits divers promet une insécurité exponentielle et un climat insoutenable pour la période de déconfinement, qui débutera le 11 mai prochain.

 

Pro ou anti-police : la lâcheté politique a autorisé un indéfendable débat

Difficile de savoir qui est arrivé le premier de l’œuf ou de la poule. Force est de constater que le rejet des forces de l'ordre, par les habitants des quartiers défavorisés, s'est accru, jusqu'à atteindre un caractère massif. Jusqu'à engendrer de violentes émeutes. Avec l'amplification, le phénomène s'est radicalisé ; l'amalgame entre quelques agents coupables et l'ensemble des forces de police, désormais, est devenu un marqueur idéologique essentiel, que l'extrême gauche et les mouvements à connotation religieuse ou communautaire s'arrachent l'un l'autre.
Depuis l'émergence de la crise, le décideur n'a pas permis d'endiguer - ni même d'atténuer - cette contestation mortifère. Les responsables politiques ont préféré oublier le problème, laissant les services publics se dégrader puis disparaître, et un cercle vicieux se former ; cette désintégration de l'État devient le terreau fertile d'un sentiment d'abandon qui, combiné à la haine anti-flic, multiplie les manifestations et les propages dans de nouvelles villes.

 

La fiche S nous démontre son inefficience ; la réformer est urgent !

Militants politiques et religieux radicaux, trafiquants en tout genres, personnes faisant état de liens douteux avec le terrorisme, criminels redoutés.... Certains de ces profils font l'objet d'une fiche S pour une durée de deux ans. Mais le système actuel souffre de failles majeures ;
• La personne concernée n'est pas avertie au moment de son fichage. L'aspect dissuasif du dispositif est donc très faible ; inverser ce comportement est une nécessité.
• la durée de validité (deux ans) n'est pas adéquate. L'idée peut être de moduler cette durée selon les faits ou présomptions reprochés, de deux ans pour ceux qui s'en prennent aux forces de l'ordre à dix ans pour les proches de réseaux terroristes.
• La catégorisation des fiches serait repensée : les fiches S pour violences contre les forces de l'ordre seraient donc clairement estampillées comme telles, et les trafiquants en tout genre obtiendraient leur catégorie dédiée.

 

Mieux répartir nos agents pour limiter les bavures

Nous devons lever le voile sur l'essentiel des recrutements de nos forces de l'ordre. Parmi eux, une part conséquente a souhaité rejoindre les rangs de la police pour "taper du méchant", et relèvent d'un force de caractère que l'extrême gauche s'est empressée de généraliser à la police toute entière. Ces profils sont utiles, car intrépides, mais doivent être canalisés afin d'éviter toute bavure. Une répartition des agents peut donc être envisagée, tenant compte de l'expérience et du caractère de chacun ;
• les plus jeunes et moins expérimentés assureraient le maintien de l'ordre dans les quartiers huppés et espaces touristiques secondaires;
• les plus âgés seraient chargés de guetter tout acte de malfaisance au sein des villes moins grandes et de l'arrière-pays, qui commencent à être touchés par la délinquance;
• enfin, un corps intermédiaire, d'agents canalisés et expérimentés dans le cadre de la première phase, assumerait la lourde tâche de redresser nos banlieues et d'y restaurer les fondamentaux de la République.

 

Les zones de non-droit ; une priorité absolue

Noyautés par les trafics de drogue et par les idéologies radicales, les Quartiers de Reconquête Républicaine (Q.R.R.) ont été chiffrés à 47 par le Ministère de l'Intérieur depuis 2017. Le M.H.A.N. suivra de près l'évolution de ces zones, ainsi que l'action du gouvernement en la matière. Notons, cependant, qu'hormis une cellule de lutte contre les trafics et une moyenne de vingt agents supplémentaires par quartier, aucune information n'a été transmise à la population. L'idée d'un plan coordonné de désarmement de ces quartiers, et de démantèlement des réseaux incriminés, n'a pas émergé dans le débat public. Ce déficit, associé à l'absence de répartition efficace des agents, laisse se dérouler les émeutes vécues ce dimanche soir, et les messages de haine que ses organisateurs profèrent sur les réseaux sociaux durant de trop longues heures, parfois plus d'une journée.