Réaction du MHAN aux annonces de Barbara Pompili

Publié le 29/09/2020

 

Si les propositions de Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique, annoncées ce jour, relèvent d’un bon sentiment et semblent marquer un tournant sur le regard de la condition animale et de la nature, plusieurs remarques singulières sont, toutefois, à porter au crédit de son initiative.

En effet, concernant l'interdiction des élevages de visons pour l’exploitation de leur fourrure, nous approuvons la fin de ce commerce éhonté responsable du martyre de millions d’animaux. Cependant, cette résolution verra le jour en... 2025. Durant cinq ans, encore, de nombreux petits mustélidés vont subir les pratiques terrifiantes des éleveurs, alors qu’une durée inférieure est requise pour assurer leur reconversion professionnelle...

En revanche, sur la présence des animaux vedettes des delphinariums, nous nous interrogeons sur l’efficience de cette mesure. En effet, le mot : « inadaptés » qui suit la proposition laisse présager une seule réadaptation de ces établissements au bien-être animal, mais la poursuite de l’exploitation de malheureux cétacés, sans pour autant, répondre à leur véritable exigence naturelle de liberté et à leur biotope.

Quant à l’interdiction de la présence des animaux prisonniers des cirques itinérants, cette décision s’inscrit dans un parfait courant de la pensée antispéciste. À condition, toutefois, que les fauves, nés en captivité, soient, en priorité, placés dans des refuges spécialisés, puis relâchés, progressivement, dans des espaces où ils pourraient recouvrer, peu à peu, leur instinct sauvage.


Nous rappelons que les animaux n’ont aucunement leur place dans un cirque, où leur rabaissante exhibition les humilie par des attitudes grotesques et dégradantes. Ces lieux de spectacles peuvent se révéler tout aussi divertissants en modernisant leurs programmes sans présence animale.

Alors que l'interdiction des élevages de visons s’harmonise parfaitement avec le sens d’une protection animale digne de ce nom, le reste des propositions de Barbara Pompili, nous laisse donc dubitatif.

Est-il besoin de rappeler que les animaux ne sont pas des marchandises, ni des objets, ni des curiosités, mais des êtres vivants qui méritent notre total respect et notre protection la plus confirmée ? Leur place naturelle ne se situe pas dans un zoo, ni dans un cirque, mais au sein de la nature. il est temps d’inscrire l’animal dans un combat social pour l’égalité avec l’homme dans une profonde réflexion échologue.

« Il est temps que notre fascination ancestrale pour ces êtres sauvages ne se traduise plus par des situations où l'on favorise leur captivité par rapport à leur bien-être ». Les annonces généreuses de madame Pompili, doivent être mieux abouties, et assurées à des dates proches dans le temps. Espérons, enfin, qu’elles s’enchaîneront et ne constitueront pas une autre fuite de responsabilités au regard de la cause animale, telle qu’elle s’exprime de gouvernement en gouvernement depuis toujours...

 

Joël-Pierre Chevreux
President du MHAN