STOP à l’expérimentation Animale !


Soutenons l’action du Professeur REISS (ANTIDOTE EUROPE) et son programme de Toxicologie Scientifique.

 

Actuellement, les animaux sont utilisés à des fins de recherche biomédicale humaine dans les domaines suivants: 1Enseignement
2. Recherche fondamentale
3. Recherche appliquée pour la biomédecine
4. Recherche appliquée pour des utilisations commerciales
5. Toxicologie

1. En ce qui concerne l’enseignement, nous demandons la possibilité de faire valoir l’objection de conscience dès maintenant. Nous demandons aussi la refonte des programmes de façon à éliminer les expériences sur animaux de tous les cursus universitaires. Il existe, en effet, de très nombreux modèles anatomiques en plastique, des logiciels interactifs et la possibilité de proposer des films documentaires sur la réalisation de dissections d’animaux ou de cadavres humains. On peut aussi filmer des interventions chirurgicales. L’apprentissage de la chirurgie devrait se faire par l’observation de chirurgiens chevronnés et l’opération sous leur direction en augmentant progressivement la difficulté des gestes techniques.

2. Les découvertes de la seconde moitié du XXe siècle nous ont appris qu’aucune espèce animale n’est le modèle biologique d’une autre. En effet, chaque espèce a son propre patrimoine génétique, lequel détermine les propriétés biologiques de l’espèce. Même entre deux espèces ayant un patrimoine génétique dit proche (humain et chimpanzé, par exemple), il existe de très grandes différences d’expression de ce patrimoine, ce qui aboutit à des propriétés biologiques totalement différentes. Par exemple, le chimpanzé n’est pas affecté par le virus du sida et ne l’est que de façon bénigne par le virus de l’hépatite B.

Des résultats pertinents pour l’espèce humaine ne peuvent donc être obtenus qu’en étudiant du matériel humain : cellules en culture, tranches d’organes, organes sous perfusion, autopsies. L’étude du génome humain fournit actuellement une mine d’informations que les chercheurs ont du mal, faute de temps et de puissance informatique, à exploiter; augmenter la capacité de traitement de ces informations permettrait de faire des avancées spectaculaires.

Les cellules en culture peuvent également permettre de comprendre les mécanismes les plus précoces d’apparition des maladies, puisque tout dysfonctionnement organique commence par un dysfonctionnement au sein d’un groupe de cellules. Certaines expériences peuvent être faites sur des humains sans dommage pour les sujets qui s’y prêtent : par exemple, les appareils modernes d’imagerie médicale permettent la réalisation d’expériences de psychophysiologie, autrement plus pertinentes que celles réalisées sur des singes dont les capacités cognitives sont évidemment bien différentes des nôtres.

3. Ce qui est vrai pour la recherche fondamentale l’est aussi pour la recherche appliquée. Les causes et les processus de nos maladies ne peuvent être élucidés qu’en étudiant les humains. Epidémiologie et observation clinique constituent des outils puissants. Par exemple, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans les pays développés (le cancer est en train de s’y substituer) ; c’est grâce à l’épidémiologie que nous avons identifié des facteurs alimentaires et la sédentarité comme les principaux facteurs de risque et c’est donc par l’éducation à la santé que l’on pourrait réduire l’incidence de ces maladies.

Dans la mesure où les animaux ne développent pas naturellement les mêmes maladies que nous, les chercheurs créent de supposés modèles animaux en endommageant certains organes de ces animaux, en greffant des tumeurs, etc. Mais les organismes, sains au départ ne réagissent pas à ces dommages de la même façon qu’un organisme humain qui est devenu progressivement malade. On passe ainsi à côté de la recherche sur les véritables causes des maladies humaines et les véritables thérapies qui pourraient soulager durablement les malades.

Nous demandons donc que les crédits actuellement alloués à la recherche appliquée sur les animaux soient entièrement redirigés vers des programmes de recherche clinique et épidémiologique. Nous demandons aussi que la réglementation sur l’expérimentation humaine soit renforcée et vulgarisée.


Or, si les objectifs de rentabilité sacrifiant le bien-être animal devraient pour le moins être sujets à débat public, certaines applications présentent de réels dangers pour l’espèce humaine, comme par exemple les xénogreffes. Ces expériences font courir à l’humanité le risque d’un virus de porc qui pourrait, une fois introduit dans un organisme humain, subir des mutations augmentant son infectivité et sa dangerosité pour les humains.

Nous demandons donc l’arrêt de tous ces programmes de recherche. Des protéines thérapeutiques peuvent être produites par les biotechnologies. Le don d’organes humains devrait être favorisé par une réglementation adaptée. Les crédits devraient être redirigés vers les recherches fondamentales ou cliniques permettant de comprendre les raisons de la défaillance des organes et, ainsi, de concevoir des mesures de prévention.

5. La réglementation prévoit que tout candidat médicament doit être testé sur des animaux avant de l’être sur des humains. Pourtant, seule une molécule sur dix qui ne se sont pas révélées toxiques pour les animaux arrive finalement à être commercialisée en tant que médicament. C’est donc bien l’étape des essais sur l’homme qui révèle les vrais risques toxiques des substances chimiques et non les expériences faites sur les animaux. Il existe de nombreuses observations d’effets toxiques suite à une exposition humaine aux substances, exposition accidentelle ou professionnelle.

Nous demandons donc que les tests de toxicité des substances faits sur des animaux soient immédiatement interdits. Il existe de nombreuses méthodes in vitro permettant d’évaluer la toxicité des substances avant de les administrer à des individus. Par exemple, la toxicogénomique*, l’une des plus précises, a été approuvée par le Parlement européen le 17 novembre 2005. Nous demandons que des bases de données soient constituées pour compiler les connaissances sur les effets toxiques, pour les humains, des substances chimiques. Des programmes informatiques pourraient extraire des données de telles bases et fournir une évaluation de la toxicité des substances nouvelles.

*La toxicogénomique est une méthode qui permet d’évaluer la toxicité des substances chimiques sur des cellules humaines en culture. Des cellules de foie sont exposées en premier à la substance à tester. Ensuite, des cellules nerveuses sont exposées à l’effluent des cellules de foie, ce qui permet de se rapprocher des conditions réelles de circulation des substances dans notre corps. Des puces à ADN (dispositifs fabriqués à façon, contenant des fragments de gènes humains bien identifiés) révèlent le résultat de cette exposition : elles indiquent quels gènes ont été surexprimés ou réprimés en présence de la substance. La connaissance de la fonction de ces gènes (génomique) nous permet de comprendre quelles sont les activités cellulaires perturbées et, ainsi, de prévoir les possibles effets sur l’organisme, y compris des effets à long terme. L’utilisation de cellules humaines et d’ADN humain garantit que les résultats sont fiables pour les humains. Les résultats sont disponibles en quelques jours seulement. Il est possible d’automatiser, d’affiner et d’optimiser les étapes, de sorte que le coût de chaque test serait dérisoire dans un laboratoire équipé fonctionnant en routine. Des me1anges de substances pourraient donc être testés. Le programme de toxicologie scientifique permet, bien sûr, d’évaluer la toxicité des substances pour n’importe quelle espèce animale; il suffit pour cela d’utiliser des cellules et de l’ADN de l’espèce concernée.
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